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Un petit coup d'oeil en arrière avant de continuer à marcher

Avec une campagne unilingue française, nous sommes allés chercher environ 60% du vote des francophones, toutes origines ethniques confondues. C'est une victoire inestimable. C'est 10% de plus qu'au référendum de 1980! Nous pouvons maintenant prétendre parler au nom de la majorité des Québécois francophones, de souche québécoise ou d'adoption. Mais comme nous le savons, ce n'est pas suffisant. La majorité d'entre vous êtes familiers avec les statistiques qui ont été publiées au sujet du dernier référendum. Voici un rappel de quelques points intéressants :

  1. Chez les francophones, notre option passe haut la main chez les 18 à 55 ans, mais ne passe pas chez les plus vieux, nos parents (ou nos grand-parents) qui se voient toujours comme des Canadiens français du Québec dans une confédération sacrant l'égalité entre les Français et les Anglais.
  2. Notre option ne passe pas chez les femmes. C'est un triste constat lorsqu'on considère la proportion élevée de militantes dans nos rangs depuis les tout débuts du mouvement indépendantiste. Que nous manque-t-il pour convaincre une majorité de femmes?
  3. Notre option ne passe pas chez les Autochtones, alors qu'ils ont tout à y gagner eux aussi selon moi. Aucune majorité au monde ne comprend la situation des cultures minoritaires mieux que nous. Que nous manque-t-il pour les rallier?
  4. Les enfants de la loi 101 sont éduqués et très nombreux à être souverainistes, mais pas toujours pour les mêmes raisons que leurs parents. Les temps ont évolués depuis 1977. Le discours change et c'est tant mieux. Le connaissons-nous bien ce nouveau discours? Je bien peur que non.
  5. Le champ de bataille se trouve encore et toujours sur l'île de Montréal, lieu de rencontre des francophones, des anglophones, des allophones, des nouveaux arrivants et des touristes! Pour beaucoup de gens, Montréal, c'est le Québec. Pour plusieurs autres, Montréal, c'est... le Canada! Pour les uns, les anglophones sont francophobes. Pour les autres, les francophones sont xenophobic...
  6. Nous avons fait une percée chez quelques communautés culturelles : latino-américaine, sénégalaise, marocaine, algérienne, libanaise, syrienne, palestinienne, haïtienne, et vietnamienne. Malgré tout, la majorité de la population d'immigration récente vote contre notre idée d'un pays québécois.
  7. Les anglo-montréalais, les anglophones originaires des autres provinces canadiennes et les différentes communautés culturelles intégrées à l'univers anglophone depuis une ou plusieurs générations ont peur de nous. Ils votent à plus de 90% contre ce qu'ils appellent la separation, qu'ils associent à de la division, de l'exclusion, de l'ethnocentrisme.
  8. Les jeunes anglophones sont aujourd'hui très fortement bilingues. Ils nous comprennent lorsque nous parlons. Ils votent contre la séparation, mais pour des raisons qui n'ont rien à voir avec celles de leurs parents. Ils croient sincèrement que la belle diversité de Montréal est le résultat du Canadian multiculturalism de Trudeau.

Un nouveau défi à relever

Le défi du mouvement indépendantiste est de faire augmenter de façon significative le vote chez les minorités non francophones, les autochtones, les femmes et les personnes âgées. Comment y arriver?

Je n'ai pas toutes les réponses bien sûr, mais j'ai quelques idées sur la question. Mon opinion est qu'il est plus que temps de faire une offensive à l'international en passant par le multilinguisme. Pour cela, il faut donner toute la place possible aux indépendantistes issus des communautés culturelles. Après tout, jusqu'à ce que nous ayons de vraies ambassades, ces hommes et ces femmes sont notre meilleur lien avec le monde extérieur. Avec eux, nous devons élaborer plusieurs argumentaires indépendantistes qui emploient le vocabulaire et les référents culturels des plus importantes communautés immigrantes du Québec.

Je vous invite à lire les articles suivants sur le site Vigile : Salomon Cohen: envers et contre tous et Pour en finir avec le vote ethnique. Aussi, très beau et touchant même, le poème Speak What de Marco Micone.

L'augmentation de l'appui des non-francophones est à mon avis la clé d'une victoire retentissante de notre mouvement. Pourquoi est-ce que je dis ça?

C'est mon opinion qu'il nous est impossible d'aller chercher plus de votes chez les francophones avec les mêmes arguments et contre les médias fédéralistes. Elvis Gratton est une cause perdue. En revanche, il y a plein de Khadir, de Arshadi, de Toussaint, de Nguyen, de Cotroni, de Tselalis, et de Diouf qui n'ont même jamais entendu nos arguments en faveur de l'indépendance nationale. Ils ne connaissent trop souvent que les motifs douteux que nous prêtent certains de nos adversaires politiques. Ces arguments fallacieux que l'on emploient pour inciter les non-francophones à se méfier des méchants séparatistes que nous sommes doivent être court-circuités une fois pour toute.

Les Québécois francophones qui votent « non » ont présentement une image très négative de notre option. Ils ont peur d'être identifiés à ce « nous » ethnique fabriqué par nos ennemis politiques avec l'aide des médias fédéralistes. Ils ne veulent pas s'identifier à un Québec qui n'est pas inclusif et ils ont raison : nous non plus! Par contre, ils ont tort de nous juger moins ouverts d'esprit qu'eux. D'où tiennent-ils une idée pareille? Une propagande laissée sans réponse fait nécessairement des ravages... Il est impératif que dorénavent nous prenions les moyens qu'il faut pour répondre à ce qui se dit sur notre compte dans les médias anglophones.

Les Québécois qui n'ont pas de racines canadienne-françaises comprennent mieux que quiconque le caractère universelle de notre cause. Ils sont la preuve vivante que le Québec appartient à tous ceux qui veulent en faire partie. De leur points de vue particuliers, ils peuvent révéler le Québec aux autres avec des mots que nous n'avons pas. Avec l'appui de dizaines de milliers de Québécois originaires de pays étrangers, nous serions beacoup plus convaincants et encore plus convaincus nous-mêmes (si c'est possible).

Si nous augmentons le vote des non-francophones de façon significative, nous irons aussi chercher des dizaines de milliers de Québécois de souche de façon indirecte, car la peur d'être perçu par les autres comme faisant parti d'un groupuscule à l'esprit étroit n'existera plus. L'image négative du Québec qu'on leur a mis dans la tête s'évanouira comme un mauvais rêve. Ils comprendront alors, je l'espère, qu'un Québec français n'est pas un rejet des autres, mais une acceptation de soi qui est nécessaire pour s'ouvrir aux autres. Comme par un effet d'entrainement, ils suivront cette majorité ouverte et bien décidée que nous formerons alors.

Notre cause est noble et juste. Qu'attendons-nous pour le dire au monde entier en allant parler à tous ces Néo-québécois que nous ne connaissons presque pas et qui nous connaissent si mal?

Propositions

Et maintenant, voici quelques propositions de mon cru pour que ces belles paroles se transforment en actions concrètes :

Mathieu Gauthier-Pilote,
Membre du Parti Québécois et du RIQ